T able
Un sphinx nommé Canada
Dictature des juges et partitionnisme ?
Souveraineté d'abord ! Celle du Peuple ou celle de l'État ?
Le sophisme
Le Peuple Souverain de Nouvelle-France
God Save the Queen of Québec
L'obsession de l'État
L'État, la nation, l'État-nation
De la souveraineté des Peuples
Vous êtes pas écoeurés d'avoir honte bandes de caves ?
L'impérialisme québécois
Parle, ment
Le vide
La peur
L'Assemblée du Peuple
Peuple debout
Ultimatum, enthousiasme et consensus
Le consensus
Un consensus libéré du chantage économique
Le cercle vicieux de l'ultimatum
L'immobilisme
L'immobilisme de tous les dangers
Enthousiasme et projet de société
L'argent et le vote ethnique
Fraternité et universalité
La protection des minorités
Le Quanada
Préalables utiles
Invalider la Constitution de 1982
Le Canada, État légitime ?
La réciprocité des exigences démocratiques
La loi et l'ordre canadien
La preuve par deux
L'Assemblée nationale transitoire
L'état transitoire de souveraineté
La Cour suprême du Peuple souverain du Québec
Oui à la souveraineté, NON à la séparation
Valider la souveraineté du Peuple du Québec
La clarté
Question à deux volets
Après moi le déluge
La reconnaissance internationale
« La France entière ... en vaudra mieux. » Charles de Gaulle
Une autre manière de référender
Incarner le réel dans la réalité
Proclamation de l'existence du Peuple souverain du Québec
Souveraineté d'abord ! Celle du peuple ou celle de l'État ?
Étapisme ?
La souveraineté tranquille
Le statu quo
Diviser les forces du statu quo
Propositions
Un geste ici et maintenant
Échéancier et stratégies
Objectif OUI
Proclamation de la souveraineté du Peuple du Québec
Proposition de Projet de loi
Un Sphinx nommé Canada
U n Sphinx nommé Canada
D ictature des juges et partitionnisme ?
Le recours aux tribunaux pour contrer une éventuelle déclaration unilatérale d'indépendance du Québec, le recours aux tribunaux et la menace partitionniste comme argument référendaire à l'usage des propagandistes d'une vision apocalyptique de l'accession du Québec à l'indépendance provoque chez les souverainistes une réaction mitigée. Ils ne semblent compter que sur une hypothétique indignation des Québécois. Le plan B des fédéralistes ne semble-t-il pas assez limpide pour engager dès maintenant une riposte crédible et articulée ?
Une riposte qui se résumerait à mettre dos à dos dictature des juges fédéralistes et légitimité démocratique populaire des Québécois ne pourrait qu'être abusive.
Cette riposte doit s'attaquer au centre même de l'argumentaire fédéraliste, la constitution, sa légalité, sa légitimité. Pour dénoncer la prétention de la légitimité et de la primauté du droit constitutionnel canadien sur le vote référendaire des Québécois, encore faut-il que la légitimité du dénonciateur soit établie. Dans l'attente d'un vote référendaire majoritaire en faveur de la souveraineté de l'État du Québec, nous vivons sous l'empire de la Constitution canadienne. En s'abstenant d'appeler le peuple du Québec à voter contre la validité de cette Constitution, il est dangereux de dénoncer sa légitimité et d'appeler à la dictature des juges, comme il est tentant aujourd'hui de le faire, sans questionner sa légitimité propre.
La légitimité des lois qu'elle proclame, des référendums qu'elle tient, la légitimité même de l'Assemblée nationale, n'est valable que dans le cadre de la Constitution du Canada. Dans le cas où cette légitimité constitutionnelle canadienne viendrait heurter celle des lois votées par l'Assemblée nationale, laquelle de ces deux légitimités serait habilitée à prévaloir ? En dénonçant la légitimité des juges de la Cour Suprême du Canada et partant la légitimité de sa constitution, l'Assemblée nationale dénonce la sienne propre puisque la sienne émane de l'autre. Si la légitimité de la Constitution canadienne tombe, celle de l'Assemblé nationale tombe en même temps. C'est un cercle vicieux qu'il importe de briser avant plutôt qu'après un vote portant sur la souveraineté de l'État. Non seulement parce qu'une logique plus qu'élémentaire l'impose, non seulement parce que cet imbroglio menace les lendemains de l'accession de l'État du Québec à la souveraineté, non seulement parce que cette confusion sera le fer de lance de l'argumentaire des statuquistes fédéralistes, la clé de voûte du partitionnisme, la justification les autorisant à invoquer d'obscures légitimités municipales, mais aussi et surtout parce que la seule menace de l'application de ces menaces ajoutée au chantage économique récurent risquent fort de compromettre une fois encore l'obtention même d'un vote favorable à la souveraineté de l'État du Québec.
Le fait même qu'il existe une population habitant le Québec formant un Peuple ne repose sur rien d'autre qu'une chanson. Pas étonnant qu'on nage en pleine confusion savamment alimentée par les statuquistes fédéralistes. Mais avant de réclamer de la part des fédéralistes un peu plus de clarté, les souverainistes feraient bien de faire descendre en eux-mêmes et dans leur discours, un peu de rigueur et de logique.
L a souveraineté d'abord !
Celle du Peuple ou celle de l'État ?
« Le peuple québécois, par son vote majoritaire aujourd'hui, vient d'affirmer au monde qu'il existe. (...)Aujourd'hui, donc, les Québécois ont décidé de devenir souverains. »
Jacques Parizeau
Est-ce à dire qu'en votant NON, le Peuple du Québec, par son vote majoritaire, affirme qu'il n'existe pas ? La logique de l'argumentation du souverainisme étatique et son prolongement dans sa stratégie référendaire passée et toujours actuelle, imposent cette conclusion absurde. Le fait d'ignorer cette conclusion manifestement fausse, seul aboutissement d'un raisonnement logique, permet que ne soit pas dénoncé le caractère éminemment captieux de la logique référendaire du souverainisme étatique.
Cette logique sophistique affirme que l'existence et la souveraineté du Peuple du Québec est postérieure à la tenue d'un vote sur la création de l'État souverain du Québec, alors que la logique démocratique commande le contraire. En effet, comment un peuple qui n'existe pas, comment un peuple qui n'existe pas et qui n'est pas souverain peut créer un État souverain ?
C'est le mystère de la transsubstantiation rétroactive de la nature du Peuple. La doctrine de la foi du souverainisme étatique réside dans le fait d'appeler aux urnes un peuple qui n'existe pas en requérant auprès de lui un vote majoritaire en faveur de la création d'un État souverain qui, s'il est obtenu, a pour effet de transformer rétroactivement, une population non-souveraine en Peuple souverain...
Dans un processus démocratique et tout bêtement logique la création d'un État n'a pas pour effet de créer le Peuple. La cause de la création d'un État n'est-ce pas l'existence et la souveraineté du Peuple, non l'inverse ? Le souverainisme étatique, en s'abstenant d'appeler le Peuple du Québec à proclamer d'abord son existence et sa souveraineté, affirme, ou à tout le moins induit l'idée, que la population du Québec ne peut accéder au statut de Peuple existant et souverain qu'en votant pour la création de l'État souverain. Si l'État souverain du Québec peut seul incarner la souveraineté du Peuple du Québec, comment un non-peuple non-souverain peut-il créer l'État souverain du Québec ?
L e sophisme
Les souverainistes ne devraient-ils pas renoncer à fondre, confondre, souveraineté de l'État et souveraineté du Peuple ? Cette fusion indifférenciée n'engendre-t-elle pas entre autres effets pernicieux la plus dommageable confusion, celle dans laquelle on se trouve devant deux interlocuteurs qui débattent une question dont la base de l'argument est un sophisme ?
L'obsession historique quasi incoercible et névrotique des souverainistes pour l'État ne devrait-elle pas se transmuer, dans un déplacement progressif de l'objet de son désir, en une idée du devenir collectif centré sur le Peuple, fondateur et pourvoyeur de sa propre félicité ?
Bien sûr le discours souverainiste ne nie pas l'existence du Peuple du Québec, ni le fait qu'il soit souverain. Les souverainistes disent qu'il existe un Peuple québécois, du reste, ils ne sont pas les seuls. Le problème c'est que ce n'est pas tout de le dire, encore faudrait-il que cela s'incarne, à défaut de Constitution, dans quelqu'institution ayant un caractère officiel. Or quelle loi, quelle institution ou Constitution fonde, proclame ou reconnaît l'existence et la souveraineté du Peuple du Québec ? L'Assemblée nationale ? Certes non. Pour la bonne et simple raison que l'Assemblée nationale n'émane pas du Peuple du Québec. Sa légalité, sa légitimité émane, à titre d'avatar de la couronne Britannique, de la Constitution canadienne qui n'en fait pas mention et n'en tient pas compte.
Non seulement la Constitution du Canada, celle de 1982, s'abstient de reconnaître l'existence même du Peuple du Québec, non seulement ignore-t-elle son corollaire et principe fondateur de la démocratie, à savoir : la souveraineté du Peuple et, partant, celle du Peuple du Québec ; non seulement s'accommode-t-elle du fait que le Québec, par la voie de son Assemblée nationale, ne la reconnaisse pas et n'y ait jamais adhérée, mais en plus, se permet-elle, par la voie de ses défenseurs, d'être l'incarnation supérieure de la démocratie, alors qu'elle n'a jamais été soumise à l'approbation du Peuple, ni à celle du Peuple du Canada, ni à celle du Peuple du Québec.
Le Canada est et demeure un avatar illégitime de la Conquête tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas soumis à l'approbation du Peuple souverain du Québec la Loi qui le fonde et le gouverne : sa Constitution. Tant et aussi longtemps que le Peuple souverain du Québec ne reconnaîtra pas, nommément, cette Constitution, ou toute autre, comme représentant et incarnant sa souveraineté, nul ne peut la nier, ni revendiquer en être le dépositaire.
L e Peuple Souverain de Nouvelle-France
Lorsque le Roi de France a cédé vers 1763 au Roi d'Angleterre les terres du Canada, celles qu'il croyait posséder encore en Nouvelle-France, il cédait alors des terres qui ne lui appartenaient plus. Elles appartenaient au peuple souverain qui l'habitait.
Dès lors que le Souverain de ce Peuple, le Roi de France, l'avait abandonné à son sort, celui qui le mettait aux prises avec les armées du Roi d'Angleterre, à l'instant même où il n'a plus été en mesure d'assumer son devoir premier de monarque, celui d'assurer la sécurité du peuple, le Roi de France abdiquait et remettait entre les mains du Peuple cette souveraineté que ce même Peuple lui avait confiée en lui accordant et en respectant son titre de Souverain. Cette souveraineté-là, Nous, le Peuple du Québec, ne l'avons jamais concédée, ni de coeur, ni de corps, ni d'esprit à aucun autre Souverain monarque ni État. Elle nous appartient depuis en propre et au figuré, telle que l'ont chantée nos artistes, défendue nos écrivains et illustrée nos poètes.
À ce peuple-là, on n'a jamais demandé de céder ses terres, on les lui a prises par la contrainte de corps et par les armes. Plus tard, le fait qu'il approuve ses élites qui exigeaient de la Couronne britannique un Gouvernement responsable, et, aujourd'hui, le fait d'élire ses députés et son gouvernement, ne prouvent pas que le peuple ait validé ou valide les États qui l'ont gouverné et qui, par leur succession, le gouvernent encore. Il manifestait et manifeste seulement son désir d'être, son aptitude à former une communauté respectable et sa volonté de constituer un Peuple digne, organisé et fonctionnel. Il acceptait le fait qu'un peuple ne peut vivre en l'absence de règles, de lois et de justice pour les appliquer. Il acceptait le droit et l'État de droit.
Nous comprenons que le Roi d'Angleterre se soit abstenu de demander l'avis du Peuple du Canada en Nouvelle-France après la Conquête... Nous comprenons qu'aujourd'hui encore les fédéralistes ne soumettent pas à l'approbation du Peuple du Québec la Constitution du Canada. Et ce, pour deux bonnes raisons, d'une part elle serait assurément rejetée et partant invalidée, d'autre part le Peuple souverain du Canada ne sent, ni n'exprime le besoin d'approuver par référendum la Constitution de son pays, car il endosse largement le régime monarchique qui le gouverne et qui fait du monarque, Sa Majesté la Reine Élisabeth II, Par la Grâce de Dieu, Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, Chef du Commonwealth, Reine du Canada et Défenderesse de la Foi, l'incarnation même de sa souveraineté.
G od Save the Queen of Québec
Élisabeth II est-elle la Reine du Québec, la Reine des Québécois ? Qui au Québec reconnaît en elle l'incarnation de la souveraineté du Peuple du Québec ? Si notre rapport à la monarchie britannique et son avatar, la monarchie parlementaire canadienne, est différent de celui du Peuple du Canada, pourquoi n'avoir pas exigé lors du rapatriement de la Constitution qu'elle soit sanctionnée par un vote populaire ? Rétrospectivement M. Pierre Bourgault avait vu juste en s'opposant à la venue de la Reine au Québec et, en manifestant contre son cortège, il s'attaquait plus qu'à un symbole. Les Canadiens outrés l'ont bien vu, il commettait, bien anodin à nos yeux amusés, un crime de lèse-majesté. En dénonçant la Souveraine du Canada il proclamait la souveraineté du Peuple du Québec.
C'est dans ce contexte surréaliste que nous essuyons de manière répétée les assauts des démocrates fédéraux quand ils invoquent le juridisme ou le partitionnisme pour invalider un vote majoritaire sécessionniste imminent. Puisque l'on ne peut compter sur le gouvernement du Canada pour soumettre cette Constitution à l'approbation du Peuple, notamment celui du Québec, étant donné le fait qu'elle serait assurément rejetée non seulement par les souverainistes mais aussi par une bonne partie des fédéralistes mous et ce, à moins de l'amender radicalement en tenant compte de la pleine et entière reconnaissance de l'existence du Peuple souverain du Québec, quand donc les souverainistes en appelleront-ils au Peuple souverain du Québec afin de l'invalider et d'entériner ainsi le vote de ses représentants à l'Assemblée nationale ?
Tant et aussi longtemps que la Constitution canadienne de 1982 n'aura pas été invalidée par le Peuple du Québec, le Canada pourra invoquer à sa rescousse la légalité, la légitimité, l'unitarisme, la pérennité des États, la démocratie, le juridisme et obtenir ici et ailleurs tout le succès que notre incurie légitimise. Par contre, en invalidant par un vote démocratique substantiel la constitution qui le fonde et le gouverne, le Canada, le gouvernement du Canada, ses représentants et défenseurs obtiendraient beaucoup moins de succès auprès des démocrates d'ici et d'ailleurs et auprès des démocraties occidentales même s'il est le plusse beau pays au monde.
Après avoir invalidé une Constitution indigne, après avoir renoncé à quémander en vain la distinctive reconnaissance de notre existence propre en tant que Peuple et Peuple souverain, peut-être serions nous prêts à affirmer nous-mêmes notre existence de Peuple souverain. L'affirmer, à nous-mêmes par nous-mêmes, sans pour autant devoir être contraints de créer dès maintenant l'État souverain qu'on espère ou confinés à agiter le spectre de cette espérance-là pour espérer renouveler la Constitution canadienne dans le sens des revendications traditionnelles du Québec .
Nous sommes en présence d'un vide qui, s'insérant entre le factuel et le juridique et l'englobant tout à la fois, permet qu'en l'absence d'État légitimé par le Peuple souverain rien, sauf le fait de le dire, ne formalise et ne reconnaît ni l'existence, ni la souveraineté du Peuple du Québec. Ce vide permet que le légalisme névrotique de Me Bertrand & Co se retrouve devant les tribunaux et pourquoi pas en Cour suprême. Ce vide permet que le partitionnisme naisse et prolifère. Ce vide favorise l'émergence du sectarisme et des extrémismes identitaires latents des fédéralistes et des souchistes. Ce vide renforce les sentiments de défaite et de défaitisme, d'aliénation et de démission, d'indifférence et de désengagement largement répandus chez nos concitoyens, dès lors objets et spectateurs à la fois d'un débat qui, sans logique et sans substance, ne peut que se perdre dans les dédales des colonnes de chiffres et des intérêts économiques corporatifs et ethniques, sans parler des saluts ou outrages aux différents drapeaux. Ce vide engendre l'obscurantisme, la confusion, le chantage et la division.
L'appréhension et la compréhension indifférenciée des souverainetés, celles de l'État et celle du Peuple, caractéristiques historiques du mouvement, du parti et des gouvernements souverainistes et caractérisant leur idéologie et dialectique stratégique, contribuent de manière non négligeable à son auto-blocage dans l'opinion et son éventuel « échec total et final » prédit par certains et notamment par M. Pierre Desjardins dans son article publié dans La Presse du 6 avril 1996.
N'est-il pas temps que nous ayons l'occasion, Nous, le Peuple souverain du Québec, de proclamer notre souveraineté dans une déclaration solennelle, incontournable et irréfutable, plutôt que de la prendre pour évidence manifestée au jour le jour et au petit bonheur, dans l'irrespect que l'on se targue même de vouer à l'égard, de l'État, de ses institutions, de la Reine, des gouvernements, des politiciens ; dans la délinquance et la désobéissance civile larvaire et largement répandue voire même acceptée de l'évasion fiscale, la contrebande, la fraude, toutes justifiées puisqu'elles ne s'en prennent qu'à un État illégitime et non reconnu.
L' obsession de l'État
L 'État, la nation, l'État-nation
Notre compréhension de notre histoire et de l'histoire universelle du destin des Peuples, nous porte à croire que le bonheur du Peuple réside dans l'État. La nature, les caractéristiques structurelles et organisationnelles des États et l'étendue de leurs territoires nous apparaissent avoir évolué selon leurs respectives capacités et incapacités à subvenir aux besoins du Peuple et à incarner et combler ses plus grandes et plus humbles aspirations.
Les Peuples ont défait les monarchies et inventé les républiques. Les Peuples conquis ont défait les empires. Les Peuples colonisés ont créé de nouveaux États. Les États nous ont toujours semblé être au centre de toute cette activité. Aussi, est-ce tout naturellement que s'est imposée l'idée d'un État-nation distinct, seul capable d'incarner et de procurer au Peuple du Québec son bonheur espéré. Les Peuples, les grands Peuples ont leur État-nation pourquoi pas nous ? Nous ne serons grands que lorsque nous auront décidé de créer un Pays souverain.
Comme si le fait d'avoir survécu à notre adaptation aux rigueurs de ce coin de continent, survécu à la Conquête, à l'asservissement et à l'exploitation économique et politique, comme si le fait d'exister n'était en soi pas digne de grandeur. Comme si notre grandeur, notre dignité, notre fierté était tributaire de notre adhésion à la souveraineté d'un État. Comme si notre pouvoir primordial, celui qui consiste à se sentir digne d'exister, ne pouvait que s'incarner dans l'État. Comme si la dignité n'était qu'une question de pouvoir, de réussite. Comme si la réussite de la vie d'un Peuple, son pouvoir ne résidait que dans un seul étendard, l'État.
Le pouvoir, être au pouvoir, avoir du pouvoir ne peut bien sûr que s'incarner dans les arcanes du pouvoir que sont les hautes sphères du pouvoir économique ou du pouvoir politique, l'État. Dès lors que l'appétit de pouvoir se heurte à un pouvoir supérieur, il importe donc de s'en arracher. L'obsession de l'État pourrait ainsi n'être que le résultat du parcours des propagandistes de la souveraineté de l'État.
Les Pères de la Souveraineté, tels René Lévesque et Jacques Parizeau, ont été d'abord les serviteurs de l'État, et partant obnubilés par Lui. N'ont-ils pas confondu leur destin à celui du Peuple et, jusqu'à tout récemment, oublieux de ce que la reconnaissance de l'existence et de la souveraineté du Peuple soit préalable à celle de l'État, n'ont-ils pas réduit et ne réduisent-ils pas encore le destin, la dignité, la fierté du Peuple du Québec à sa seule capacité de créer ou non l'État qu'ils souhaitent ?
Jusqu'à tout récemment, dis-je, puisque, depuis l'appel de M. Parizeau, l'astuce, que je qualifierais plutôt de grande intuition, invitant le Peuple du Québec à rédiger la page blanche de la déclaration de souveraineté, tout a basculé. Pour la première fois, foi de souverainiste, je me suis surpris non plus à m'identifier à l'État souverain du Québec, pourvoyeur de ma félicité et de celle du peuple, mais bien à m'identifier au Peuple souverain tel qu'il se présente en lui-même, pourvoyeur de sa propre félicité et apte et capable d'invalider, par sa seule proclamation, la légitimité, voire même la légalité, de l'État canadien.
Il y avait là l'ébauche d'une manière nouvelle d'appréhender notre destin. Mais seulement une ébauche car le centre est encore et toujours l'obsession compulsive de l'État.
Les souverainistes doivent cesser de tenir la souveraineté du Peuple du Québec pour évidence ayant le caractère de ce qui s'impose à l'esprit avec une telle force qu'il n'est besoin d'aucune autre preuve pour en connaître et en reconnaître la vérité et la réalité. La souveraineté des peuples n'est pas évidence et commande des preuves qui, dans l'impossibilité ou la difficulté qu'elles s'incarnent dans l'État, peuvent être d'une autre nature que l'État ou que rien du tout.
D e la souveraineté des Peuples
La reconnaissance de la souveraineté des Peuples n'est pas l'apanage de l'esprit ni même des États. Elle s'incarne ou bien dans la force brute de la terreur, des armes et des armées, ou bien dans la personne du monarque, ou bien dans le vote populaire et démocratique.
Pour ce qui est des armes, le Peuple souverain de Nouvelle-France, après la défaite de 1759, s'est résigné à abandonner à d'autres le pouvoir des armées. Plus tard le peuple souverain du Bas-Canada n'a pas suivi ou n'a pas été en mesure de suivre les Patriotes. Plus près de nous, le peuple souverain du Québec s'est finalement dissocié du F.L.Q., après une courte hésitation.
Le Peuple souverain du Québec ne se reconnaît pas de monarque. Seul reste le vote populaire et démocratique. Il n'a à ce jour pas encore eu la chance d'en user. Hier, parce que le Peuple canadien ne s'en souciait pas et que l'État canadien savait trop bien qu'en appelant le peuple aux urnes, il serait largement invalidé. Aujourd'hui, parce que les souverainistes persistent à lier la souveraineté du Peuple du Québec à celle de l'État souverain du Québec.
Comme si ce tout indifférencié donnait des atouts pour convaincre. Comme si devait être évidence pour tous le fait que le Peuple gagnerait à tous égards à se donner un État bien à lui. Comme s'il n'existait pas de Peuple, sans Souverain ou sans État souverain. Les États sont circonstanciels et éphémères. Les États passent, les Peuples restent et les regardent passer.
D'aucuns exprimeront l'idée que le fait de demander au Peuple de se prononcer sur sa propre souveraineté est superfétatoire et humiliant. Ils ajouteront que ce droit reconnu internationalement ne peut faire l'objet d'un vote. Par l'absurde, un NON à cette question semblerait, à leurs yeux, aller à l'encontre du droit international.
Un vote sur la souveraineté du Peuple du Québec est nécessaire ne serait-ce que pour permettre de définir à quel Peuple les citoyens du Québec appartiennent : soit au Peuple du Canada, soit au Peuple du Québec. Il permet d'établir l'existence du Peuple du Québec. Dans le cas hautement improbable où la réponse obtenue serait un NON, les citoyens du Québec auront décidé d'appartenir, à titre de minorité peut-être, au Peuple du Canada. Leurs aspirations devront alors se vivre, comme les fédéralistes, MM. Trudeau et Chrétien en tête, l'affirment, à l'intérieur du Canada. Le Peuple du Québec reconnaissant qu'il ne constitue pas un peuple, à tout le moins pas sur le territoire actuel du Québec, un NON prouverait hors de tout doute qu'il ne sert plus à rien d'y investir quelqu'énergie que ce soit, à tout le moins en ce qui concerne le territoire actuel du Québec. Contre toute attente si cela devait advenir, toute cette énergie serait mieux investie ailleurs.
La Proclamation de la souveraineté du Peuple n'entraînant pas de conséquences, celles inhérentes à la création ou la sécession des États, la réponse à cette question ne pourra qu'être OUI. Une question sur la souveraineté du Peuple du Québec est plus rassembleuse que celle déjà posée sur la souveraineté de l'État associé ou pas, avec trait d'union ou pas, parce qu'elle peut exister même dans le contexte d'un Canada remodelé, et emporter ainsi l'adhésion non seulement de plus ou moins 40% des Québécois souverainistes, mais aussi d'une bonne partie des 20% des Québécois fédéralistes mous, réformistes, allairistes et autres indécis. De plus, quel démocrate, fut-il fédéraliste enragé, peut justifier son opposition à l'existence même du Peuple du Québec ? Quel citoyen démocrate peut être contre la souveraineté du Peuple et voter contre son exercice minimal, celui de la proclamer ?
Si la réponse est OUI, comme il est plus que probable, le Canada devra reléguer aux oubliettes les prétentions de ces apôtres du melting-pot, ou mosaïque canadienne. En ce sens, pour absurde ou superfétatoire qu'elle paraisse à première vue aux souverainistes convaincus et aux juristes, dans le contexte du Québec et celui du Canada, la question préalable de la souveraineté du Peuple du Québec, permet de clarifier le débat en cours de manière utile tant du point de vue politique que du strict point de vue juridique.
Un OUI à la souveraineté du Peuple du Québec, permet, dans un consensus plus que probable, de restaurer la fierté des Québécois, fort malmenée depuis le référendum de 1980.
Pouvons-nous permettre encore que nos dirigeants souverainistes prennent le risque, si minime soit-il, d'aboutir à un autre NON, sans invalider le statu quo ? Sans garantir la pérennité de notre fierté, de notre unité, de notre dignité, de notre force ? Pouvons-nous risquer d'obtenir un OUI faible à la souveraineté de l'État, sans qu'un OUI fort à la souveraineté du Peuple du Québec ait consolidé la légitimité de la sécession et donné aux négociateurs du nouveau partenariat les moyens d'établir un rapport de force favorable ?
Nous, tout souverainistes que nous sommes et convaincus de la pertinence de l'accession à la souveraineté de l'État du Québec, serions très fiers du Peuple du Québec s'il se contentait, par voie de référendum, de proclamer sa propre existence et sa souveraineté. Nous sommes prêts, en cette circonstance à ce qu'il prenne le temps nécessaire pour se convaincre d'adhérer à l'État qu'il voudra, le canadien ou le québécois, le temps qu'il voudra, pourvu que l'un et l'autre soient respectueux de cette souveraineté là.
V ous êtes pas écoeurés d'avoir honte bandes de caves ?
La honte une stratégie ? On peut le penser. Le chantage à la fierté et son contraire, la honte, selon qu'on vote OUI ou NON à la souveraineté de l'État, est la plus stupide et suicidaire des stratégies. Vouer à la plus abjecte honte le Peuple du Québec parce qu'il aurait refusé une troisième fois d'oser faire sécession en pleine crise économique, ne peut en aucun cas tenir lieu de stratégie gagnante. Le quitte ou double de la fierté et de la honte incarné par le passionné de poker qu'était René Lévesque n'a pas fonctionné, ne fonctionne pas et ne fonctionnera pas. Le Peuple du Québec connaît bien la honte, il est imperméable à sa menace.
Le Peuple ignore, se gausse ou plie l'échine, mais ne rompt pas devant ceux qui l'engueulent, le dénigrent ou le boudent sous prétexte qu'ils ont honte de lui, parce que trop timoré pour créer un État souverain, jusqu'à désirer même un Québec indépendant dans un Canada fort et uni. Ces propagateurs de honte n'ont pas compris que le Peuple a répondu, répond et répondra n'importe quoi à la question qu'on prétend être celle de la fierté parce que l'on ne lui pose pas la bonne question. À question idiote, réponse idiote.
Le Peuple souverain vivant sur le territoire du Québec sait qu'il existe et qu'il peut exister sans Souverain, sans État souverain et ce, même dans la honte. Son histoire en est garante. Il a su survivre depuis longtemps à la honte, à celle d'après la Conquête, à celle des clercs et clergé culpabilisateurs, à celle de la défaite de la rébellion des Patriotes, à celle de ses retards d'avant la révolution tranquille et aujourd'hui encore à celle propagée par les nouveaux grands prêtres de la religion du souverain État.
N'êtes-vous pas écoeurés de vous entendre dire ou de vous faire dire qu'il est honteux qu'un Peuple refuse par deux fois et démocratiquement de se constituer en Pays souverain et que cet exploit devrait figurer dans le livre des records Guinness, comme le déclarait par exemple Michel Tremblay dans Le Soleil du 15 février 1997 ? La honte ce n'est pas d'avoir refusé de créer un pays. La honte c'est qu'on n'ait jamais posé la question de la proclamation de l'existence et de la souveraineté du Peuple. La honte c'est celle des élites et en l'occurrence des élites souverainistes qui confondent Peuple et État, souveraineté du Peuple et souveraineté de l'État. La honte c'est de n'avoir pas appelé le Peuple à désavouer la Constitution issue du rapatriement forcé de 1981. La honte c'est de maintenir le Peuple à distance et d'entretenir cette dictature du pseudo-auto-rapetissement. Les petits ne sont pas ceux qu'on pense. Les petits ce sont ceux qui perpétuent le blocage et la confrontation fédérale-provinciale. La honte c'est de n'avoir pas su s'élever contre l'oppression d'un État, avatar de l'Empire britannique, autrement qu'en lui opposant la création d'un autre État. La honte c'est de n'avoir pas su proposer autre chose que la concurrence des pouvoirs et des États en s'abstenant de s'attaquer à l'essentiel et au principe fondateur, l'existence et la souveraineté du Peuple. La honte c'est de faire croire que l'un vaut l'autre, que l'un contient l'autre, qu'en refusant l'État on nie sa propre dignité, celle inhérente au simple fait de se reconnaître comme existant. La honte c'est de confondre Peuple et État.
La honte c'est de n'avoir encore pas fait de véritable bilan, de n'avoir encore pas renoncé au chantage, de n'avoir pas su incarner l'existence et la souveraineté du Peuple du Québec autre part que dans les vaines revendications de renouvellement de la Constitution canadienne. Comme si la reconnaissance de l'existence du Peuple du Québec ne pouvait qu'être objet de quête et non d'affirmation.
L 'impérialisme québécois
Combien de femmes et d'hommes de valeur n'avons-nous pas mis au service de ce pays voisin qu'est le Canada ? Où en serait le Québec si ces hommes et ces femmes avaient mis leurs immenses talents au service exclusif du peuple du Québec au lieu de servir à l'étranger et d'être des hommes et des femmes alibis par excellence ? Ce talent hors du commun de Pierre Elliott Trudeau, s'il s'était exprimé que du Québec, que pour le Québec, ici et dans le monde, n'aurait-il pas été aussi profitable que dilapidé en vaines querelles fratricides. Ce temps passé à squatter un autre peuple, celui du Canada, ses institutions, sa culture, son économie, pour nous donner l'illusion d'être plus grands que nature au lieu de travailler et de contribuer à l'être vraiment là où ça compte, dans sa demeure et dans le monde.
Le Canada est pour nous à la fois le rempart contre le monde qui nous effraie et à la fois l'illusion de notre prétention à le conquérir. Il est l'incarnation de nos deux complexes paradoxaux, celui d'infériorité qui nous renvoie l'image d'un peuple vaincu composé de porteurs d'eau et, celui de supériorité, qui, par le cumul de notre double appartenance culturelle, française et anglo-américaine, nous rend suffisants, hautains, distincts.
Notre impérialisme est dérisoire. Quand donc déciderons-nous de laisser de côté nos complexes et de nous investir dans notre réalité vraie ? M. Chrétien peut bien ironiser sur nos chefs d'État velléitaires et sur leurs futures limousines garnies de Flag sur le hood. Le hood canadien lui semble certes plus chic et plus gros que celui du Québec, mais ce n'est pas son hood à lui. Son hood il est à quelque part entre Shawinigan et Tokyo comme chef d'entreprise prospère du Québec, ou ministre du commerce extérieur d'un Québec prospère et uni. S'il est là où il se trouve et qu'il peut se permettre d'ironiser, c'est que le Canada anglais le tolère.
Le ROC a compris que, depuis qu'il existe un mouvement souverainiste au Québec, notre impérialisme larvaire, probablement quelqu'avatar génétique d'un certain Louis XIV ou d'un quelconque Bonaparte, se satisferait de ce jouet entre leurs mains qu'est le Premier ministre francophone du Canada. Il n'est plus question d'alternance, il est question de manoeuvrer l'illusion de l'expansionniste et l'impérialiste orgueil québécois. Exit la fierté, bonjour l'orgueil.
Il ne suffit pas, pour dénoncer l'Illégitime, de se contenter de le dire, encore faut-il que cette parole s'incarne, pour y croire, dans le geste. Or, de geste il n'en sera posés que par, dans et pour l'État souverain, que par, dans et pour le renouvellement de la Constitution canadienne ou sa béate acceptation. De geste il n'y en a que dans ou pour des chansons. « Je vous entends demain parler de Liberté », et je vous rêve un pays à habiter, demain. De geste il n'y en a que dans l'ajournement. Le renvoi aux calendes grecques du renouvellement de la Constitution canadienne ou le report du débat référendaire. Entre-temps, on courbe l'échine et le train-train quotidien quotidienne, le zéro déficite, le technocrate compressionne, l'officiel oppositionne et le capital capitalise. Le Peuple souverain ne mérite aucun geste sauf le fait d'en parler. On accuse, dénonce, projette et oublie que cette dénonciation nous dénonce, d'abord et avant tout, nous-mêmes et l'on fait comme si... Comme si Jean Chrétien incarnait le Peuple du Québec ou le démon canadien, selon qu'on est fédéraliste ou souverainiste. Comme si l'existence et la souveraineté du Peuple du Québec s'incarnait dans quelque chose. Comme si l'Assemblée nationale incarnait l'existence et la souveraineté du Peuple du Québec, alors que rien n'est plus faux.
P arle, ment
L'illégitimité de la Constitution canadienne n'est pas qu'extérieure. Pour la combattre il ne suffit pas d'élire des député(e)s du Bloc à Ottawa, d'écrire des thèses, de prévoir et de se préparer à des batailles juridiques. L'Illégitimité est intérieure, elle est ici et maintenant, à l'intérieur. Requérir et accepter des mandats électoraux, requérir et accepter le mandat de former le gouvernement du Québec en vertu de l'Illégitime, en vertu d'une Constitution illégitime, nous fait complices et partie de Lui. Pour dénoncer l'Illégitime il n'y a d'autre moyen que de requérir des mandats, non plus en vertu de l'État illégitime qu'on dénonce, mais en vertu d'une légitimité autre. Requérir le mandat de siéger à l'Assemblée nationale, revendiquer la reconnaissance de la légitimité de ses Actes, se draper dans son protocole, le prestige et la dignité de cette Institution impériale, faire comme si les mandats obtenus, les décisions prises, le sont en vertu de l'existence et de la souveraineté du Peuple du Québec ne peut être que mensonge. Parler, se taire et mentir. Le parlementarisme canadien, le parlementarisme québécois et canadien, est le Cheval de Troie de l'impérialisme canadian. Troie, aujourd'hui, n'est plus une citadelle, Troie, c'est tout un Peuple. Troie, c'est le Peuple souverain du Québec. Les politiciens de Québec ou d'Ottawa ne font pas que mentir, comme on l'a dénoncé récemment, les parlementaires nous trompent.
L'Assemblée législative de la Province de Québec, même parée du titre d'Assemblée nationale, a été, est et demeure le Parlement provincial, avatar impérial, d'un État fédéral. Ses lois et décisions peuvent être désavouées en tout temps par le Parlement d'Ottawa ou par le représentant du Souverain de l'ex-Empire, le Gouverneur général, le seul et unique siège du pouvoir. Faire comme si l'Assemblée nationale, le Parlement du Peuple, l'Institution primordiale de la démocratie du Peuple, émanait du Peuple du Québec, constitue non seulement un pieux mensonge, une fraude commode, mais aussi dénigre à l'avance la crédibilité des actes des élus du Peuple lorsqu'ils vont, ont voulu et voudront prétendre incarner sa volonté et que cette volonté heurtera de front celle de l'avatar impérial de l'Empire britannique qu'est l'État du Canada. Les exemples illustrant le mépris que cet État canadien a des lois de l'Assemblée nationale ne manquent pas : non-respect de la loi référendaire, non-respect du refus d'adhérer à la Constitution de 1982, menaces officielles bientôt sanctionnées par la Cour suprême du Canada de non-respect d'une déclaration unilatérale de souveraineté de l'État du Québec proclamée par les élu(e)s, même après un vote référendaire positif.
Le fait de tolérer ces affronts permet qu'un jour, lorsqu'une Assemblée des élu(e)s du Peuple, émanant du Peuple, sera instituée, il nous semblera normal que soit impunément bafouée, évidemment contrecarrée, la volonté du Peuple dûment incarnée par celle de ses représentantes et représentants démocratiquement mandaté(e)s. Celles et ceux qui siègent à l'Assemblée nationale, celles et ceux qui siègent au Parlement d'Ottawa sont complices et parties de cette intolérable normalité, négation expresse de la volonté du Peuple souverain. Qu'il soit normal qu'une telle chose survienne est une chose, qu'elle dure en est une autre. Que l'Assemblée nationale soit bafouée, n'est tolérable que parce qu'elle n'émane pas du Peuple. N'y a-t-il pas trop longtemps que cette chose dure ? N'est-il pas temps de poser des actes qui fassent en sorte qu'elle ne perdure ?
« Aujourd'hui, donc, les Québécois ont décidé de devenir souverains. Alors que se passera-t-il, au cours des prochains jours ? La souveraineté du Québec ne sera pas proclamée tout de suite. Ça pourra prendre jusqu'à un an avant que l'Assemblée nationale fasse cette proclamation. Ça va nous donner tout le temps de bien préparer la transition ... » ...
« À la fin de ce processus le Québec va pouvoir voter toutes ses lois et les adapter à ses priorités et à ses valeurs ... » ...
« Entre-temps, nous sommes encore une province du Canada. Rien ne change ... . ( Même après un référendum gagnant, imaginez avant ...) ( ... ) Nos députés fédéraux vont encore nous représenter. Jusqu'à ce qu'on proclame la souveraineté du Québec d'ici un an.
C'est là que les choses vont changer, qu'elles vont devenir plus simples. Mais d'ici là, tout le monde aura le temps de se préparer et de faire en sorte que la transition se fasse harmonieusement, sans perturber les services aux citoyens. »
M. Jacques Parizeau
Voilà donc ce que l'on nous propose. Rien ne bouge avant que l'Assemblée nationale proclame la souveraineté du Québec. Parce qu'on se refuse à poser d'abord la question de la légitimité de l'Assemblée nationale et ensuite la question de l'existence et de la souveraineté du Peuple du Québec, cette Proclamation est conditionnelle : à un vote référendaire favorable ; à une négociation fructueuse d'un futur partenariat Canada-Québec ; au respect, manifesté par le Canada, des décisions prises par l'Assemblée nationale. Alors que, à l'intérieur même de la fédération, le vote même des député(e)s est officiellement renversé, alors que le Canada, par la voix officielle de son Gouvernement et de sa diplomatie, par la voix officieuse de sa population et des ses élites intellectuelles et médiatiques, manifeste, a manifesté, et de toute évidence va assurer la pérennité de la manifestation de son opposition absolue et catégorique à ce projet, on nous propose de baser nos actions sur la croyance que le fait de se dire et de se proclamer à l'extérieur de l'État canadien suffira à faire respecter la volonté de l'Assemblée nationale.
On nous propose de ne rien changer et de se mettre, pieds et poings liés, à la merci de l'Ordre canadien : à la merci d'un vote référendaire dominé par l'argent et la psychose ethnique ; à la merci d'une négociation vouée à l'avance à l'échec du forcing et du chantage ; à la merci du refus d'une déclaration d'indépendance unilatérale et de l'outrage à l'Assemblée nationale.
L e vide
« Il n'y aura pas de bouleversements, pas de vide juridique. »
M. Jacques Parizeau
Tout cela pour qu'il n'y ait pas de vide juridique. Obsession de l'État et peur du vide sont les mamelles nourricières de l'abstinence du souverainisme étatique. S'abstenir d'agir ailleurs que dans la continuité de l'Illégitime et son impuissante, infructueuse, puérile et vaine dénonciation ou dans le nirvana de l'État souverain. Il n'y a rien de bien qui puise venir de l'intérieur. Les négociations constitutionnelles en sont la preuve. Tout ce qui advient nous vient de l'extérieur, le pire comme le meilleur. Le pire : la Conquête, l'écrasement des Patriotes, le rapatriement unilatéral de la Constitution, le chantage économique et ethnique. Le meilleur : la sécession, sortir à l'extérieur, pour peu que, de l'extérieur, nous parvienne la reconnaissance internationale qui saura contrer l'impérialisme tutélaire canadien.
Savoir affronter le vide n'est-il pas le fait d'une maturité plus grande que de s'évertuer à nous en éloigner par la fuite ? La fuite en arrière qui tolère le statu quo du passé et la fuite en avant qui espère le mirage de l'État souverain du futur. L'inertie dans laquelle on se trouve au présent est-elle moins dangereuse que celle qui s'exprimerait dans le vide juridique étatique ? Le danger d'une force d'inertie s'exerçant dans l'état de vide, dans le vide juridique, dans le vide d'État, est-il assurément plus grand que lorsque l'inertie sévit dans un illusoire plein, réellement, hors de notre contrôle, au point de vouloir persister à demeurer sous ce contrôle-là ? La force d'inertie de l'État canadien n'est-elle pas le pire des carcans, la pire des entraves ? L'endroit où il est le plus dommageable que l'inertie s'exerce, n'est-il pas l'État canadien tel qu'il se présente à nos yeux médusés tous les jours ? Dans l'attente d'un État souverain du Québec ne convient-il pas de déterritorialiser l'inertie et de l'incarner dans un autre état qui ne soit ni l'État canadien ni l'État québécois ni nécessairement l'État tout court ?
Dans cet état, par la force d'inertie et par défaut, soumises à la force de la Proclamation de l'existence et de la souveraineté du Peuple du Québec approuvée démocratiquement par le Peuple, les lois en vigueurs ne pourraient-elles pas néanmoins demeurer en vigueur de manière transitoire afin d'opérer une transition tranquille, soit vers l'État du Québec souverain, soit vers un État canadien remodelé, dont l'Acte qui le fonde et le gouverne aurait été dûment approuvé par le Peuple souverain. Le vide d'État légitime est-il absolument instigateur de chaos ? S'il est balisé par la souveraineté démocratique du Peuple et incarné dans un Parlement émanant du Peuple, l'absence d'État légitimé par une Constitution approuvée par le Peuple n'est-il pas préférable à l'actuel État illégitime orphelin d'une Assemblée du Peuple émanant du Peuple ?
Le Choix d'un État, la recherche d'un État légitime ne méritent-ils pas de se faire sans contrainte. Le vide n'est-il pas le lieu par excellence de l'absence de contraintes. Le temps qu'il nous faut pour choisir et nous convaincre d'adhérer à l'État que l'on désire, qu'il soit canadien ou québécois, ne doit-on pas le passer dans un lieu exempt de contraintes. Pour meubler ce vide d'État, le temps que durera notre circonspection, un vote sur l'existence et la souveraineté du Peuple du Québec incarné dans l'Institution du référendum démocratique n'est-il pas le meilleur moyen de vivre hors de l'État et d'affronter, bien armés, notre peur du vide ? La peur du vide d'un homme d'État n'est-elle pas le symptôme de sa peur du Peuple ? Si la peur nous prend quand on imagine le Peuple sans État, ne serait-ce pas parce que l'on a peur du Peuple ? Peur de la foule ?
L a peur
La peur est une chose, se gouverner en fonction de ce qu'elle nous inspire en est une autre. On a sans doute raison d'avoir peur du Peuple quand on lui ment, quand on lui cache la vérité, quand on le nie, quand on s'abstient de reconnaître et d'incarner son existence. La pression qu'exerce sur le Peuple toute manifestation de mépris à son égard, quelle soit évidente ou subtile, ancienne ou récente, douce ou violente, même dispersée dans le corps de sa mémoire, s'accumule et n'est jamais perdue ni annulée par le temps qui passe. Le Peuple a la faculté d'absorber un grand nombre d'affronts, une bonne dose de mépris, quantité de contraintes. Mais nul ne peut mesurer l'étendue de cette capacité. Pour assurer la pérennité de ses privilèges et autres bénéfices, des générations entières de tyrans, despotes et autres apprentis sorciers s'y sont essayé en flirtant dangereusement avec le seuil critique du débordement de la pression accumulée. Plusieurs s'y sont cassé les dents. La raison est simple, on peut difficilement prévoir à quel moment, en quelles circonstances, par quel ajout, cette accumulation dépassera la capacité d'absorption de la tolérance du Peuple. Cette énergie parvenue au seuil relatif et liminal peut s'exprimer dans son débordement de toutes les façons : manifestations pacifiques, terrorisme doux ou meurtrier, émeutes destructrices ou sanglantes, révolutions plus ou moins tranquilles, etc. Dans tous les cas, l'incarnation de la colère du Peuple s'explique par l'exercice d'une pression indue, d'une oppression. Elle est le plus souvent proportionnelle à la pression exercée.
Dans nos démocraties occidentales et contemporaines, l'alternance des personnes, des parties et des partis, à la gouverne de l'État est un mécanisme régulateur généralement efficace. Personne cependant n'est en mesure d'assurer l'efficacité de ce mécanisme de régulation dans le contexte d'un État démocratique illégitime. Personne ne peut affirmer sans risque que l'avènement du Gouvernement responsable dans la colonie Britannique du Canada et, depuis lors, l'exercice des suffrages populaires ont, ou n'ont pas, permis de faire en sorte que l'illégitimité du système n'accumule dans la mémoire du Peuple aucune pression résiduelle susceptible, par accumulation, d'éventuellement atteindre le seuil de l'éclatement. Ce qu'on peut dire c'est que la peur du Peuple serait le symptôme du fait, qu'à cet égard, nos dirigeants sont envahis par le doute et la crainte. S'ils ont peur c'est qu'il soupçonnent que leurs actions ou non-actions, de même que celles de leur prédécesseurs, ont permis que ne s'évacue pas toute pression indue.
La question de la peur du Peuple ne peut se résoudre que dans les réponses à ces questions. Comment canaliser l'énergie du Peuple dans ou hors de l'État ? Comment renverser, juguler ou stopper la mécanique du mépris et de la peur du Peuple sinon en s'attaquant au combustible qui l'anime ? Quel peut être ce combustible sinon le mépris du Peuple ? Quel autre mépris à l'égard d'un Peuple peut-il être plus grand que celui qui consiste à nier son existence même ; celui qui consiste à lui imposer un État illégitime ou, par ses atermoiements, à assurer la pérennité de son illégitimité ; celui qui consiste à ne rien entreprendre pour substituer à l'illégitimité de l'État une véritable légitimité, radicale, immédiate et irréductible : la souveraineté du Peuple ; celui qui consiste à s'abstenir de l'incarner dans les Institutions utiles à l'exercice du pouvoir démocratique du Peuple souverain ? Comment se convaincre de l'innocuité de l'Illégitime et de l'ajournement de l'incarnation du légitime ?
L' Assemblée du Peuple du Québec
L'Assemblée nationale est le siège du gouvernement d'un État illégitime. En siégeant à l'Assemblée nationale, émanation de l'Empire Britannique, en acceptant de siéger à l'Assemblée nationale, en acceptant de prêter serment d'allégeance à la Reine du Canada, les élu(e)s du Peuple du Québec ne font pas que se soumettre à une formalité protocolaire et juridique, ils abdiquent leur prétention à incarner la souveraineté du Peuple du Québec, ils se mettent à la disposition de celle de la Souveraine du Canada. Que celle-ci tolère qu'elles et qu'ils soient contre sa tutelle n'y change rien. Cela prouve seulement que tant et aussi longtemps qu'il ne posent aucun geste à son encontre, elle sera tolérante. De fait, elles et ils ne posent aucun geste qui soit susceptible de remettre en question leur serment. Si elles et ils en posent un jour un, c'est qu'il aura été approuvé par elle. Si elles et ils devaient, sans son accord, en poser un, elle n'aura qu'à le dénoncer. Bonjour l'ambiance, bonne chance la prochaine fois et vous êtes mieux d'être patients pour votre reconnaissance internationale.
L'Assemblée nationale n'est pas que le siège d'un gouvernement d'un État illégitime, elle n'accueille qu'une partie des représentantes et représentants du Peuple du Québec. Comment peut-elle revendiquer représenter la souveraineté Du Peuple du Québec si elle ne regroupe qu'une partie de ses représentantes et représentants démocratiquement élu(e)s ? Parce que, le gouvernement du Canada a toléré que l'Assemblée législative de la Province du Québec de l'État canadien devienne, de nom, Assemblée nationale ? Confusion et illusion ! L'Assemblée nationale n'a de national que le nom. Une usurpation pure et simple. Seule une Assemblée législative émanant du Peuple et regroupant toutes les représentantes et tous les représentants élu(e)s démocratiquement par le Peuple du Québec pourrait revendiquer le droit d'incarner la souveraineté du Peuple du Québec et dans la mesure ou par référendum le Peuple souverain la reconnaît telle. Au moment crucial de l'après-Meech, au moment où elle voulait faire croire un peu plus sérieusement qu'elle incarnait la souveraineté du Peuple du Québec, l'Assemblée nationale n'a-t-elle pas avouée et contournée elle-même cette imposture, par le fait de nommer et d'admettre au sein même d'une de ses composantes, la Commission Bélanger-Campeau, des députés du Québec siégeant au Parlement d'Ottawa, dans les personnes de MM. André Ouellet, du Parti Libéral du Canada, Jean-Pierre Hogue du Parti conservateur du Canada, Lucien Bouchard du Bloc québécois ?
Ne serait-il pas temps de nous assurer maintenant, alors que ceux qui contrôlent l'Assemblée nationale prétendent être les agents du changement, prétendent abusivement incarner la souveraineté du Peuple, prétendent vouloir oser et bouger, de constituer et réunir une Assemblée de toutes et tous les représentants du Peuple du Québec qui seule est susceptible d'incarner réellement l'existence et la souveraineté du Peuple du Québec ? La réunir et ensuite demander au Peuple l'appui nécessaire pour la fonder comme étant l'incarnation de l'existence et de la souveraineté du Peuple du Québec tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas approuvé la Constitution d'un État rendu légitime par cette approbation-là.
Qu'est-ce qui nous empêche de nous réunir ? Qu'est-ce qui pourrait empêcher nos député(e)s fédéraux et provinciaux de se réunir et de délibérer ? Qu'est-ce qui pourrait empêcher l'Assemblée nationale de convoquer telle réunion ? Fonder une telle et véritable Assemblée nationale n'est-il pas le fondement même de l'incarnation de l'existence et de la souveraineté du Peuple du Québec ? N'est-ce pas combler le vide juridique du paradigme politique ancien et toujours actuel qui nous fait tant peur au point d'y subordonner toute notre action, au point de nous engager sans armes et de front dans des collisions et batailles terribles avec l'Ordre canadien, le plus beau pays au monde ?
Garantes de cet effet d'inertie temporaire de la durée des lois d'un État illégitime, une Assemblée nationale transitoire des représentants du Peuple souverain du Québec rassemblant tous les député(e)s du Québec élu(e)s à Québec et à Ottawa, ne pourrait-elle pas en vertu d'une légitimité populaire véritable se soustraire aux diktats de l'Ordre canadien et de son gardien, la Cour suprême du Canada, en créant la Cour suprême du Peuple du Québec qui déterminerait ce qui, à défaut de légitimité, pourrait ou devrait être considéré comme légal eu égard à l'invalidité de l'État canadien au regard de l'existence et de la souveraineté du Peuple du Québec proclamée par un exercice référendaire commandé par l'Assemblée nationale et par l'Assemblée de toutes et tous les représentants du Peuple du Québec : l'Assemblée nationale transitoire.
P euple debout
Il est plus que temps que nos élites souverainiste et fédérénovatrice mettent leurs culottes et posent des gestes. Des gestes concrets inspirants. Ces élites convoquent à tour de bras ces temps-ci les artistes. Hé bien ! C'est d'abord aux élites politiques de manifester en politique leur créativité. C'est à elles de créer les conditions, le momentum, de donner l'exemple de quelqu'un qui se tient debout, qui rassemble ses forces, qui concentre son énergie vitale, qui canalise son feu, qui maîtrise sa peur, celle d'être dépassé, par les événements, par la foule, par l'histoire.
René Lévesque est certes un grand patriote. Mais n'a-t-il pas, dans une certaine mesure, eu peur des conséquences de l'accession du Québec à la souveraineté ? N'a-t-il pas eu peur de sa force, de son pouvoir, de son ascendant sur les foules et auprès du Peuple ? N'a-t-il pas eu peur de son charisme ? De celui des autres aussi. N'a-t-il pas imposé le silence à des leaders comme Pierre Bourgault ? Ne s'est-il pas lui-même imposé un devoir de réserve, justifié peut-être, mais dans quelle mesure et jusqu'à quel point ?
René Lévesque n'a jamais été aussi fier d'être Québécois que le jour où il a été élu Premier ministre du Québec ? Nous avons tous compris qu'il voulait parler de la fierté inhérente au fait que les Québécois avaient osé élire un gouvernement souverainiste. Mais ce qu'on ne savait pas, c'est qu'on avait aussi compris que ceux qui nous incitent à poser des gestes qui sont pourvoyeurs de fierté s'arrangent toujours pour être élus. Une fois élus ils ne trouvent jamais le moyen de poser des gestes qui permettraient d'être fier sans qu'on doive en même temps les reporter au pouvoir. Si bien qu'on finit par croire que ce n'est pas tant la fierté du Peuple qui les animent mais plutôt l'appétit d'exercer le pouvoir. Au mieux, les plus purs, pour nous prouver leur désintéressement, renoncent au pouvoir sous prétexte qu'ils n'ont pas réussi à faire descendre sur nous la fierté. Au mieux, ceux-là nous privent de leur formidable expertise et de leur inébranlable détermination.
Le fait qu'un jour ils décident enfin à renoncer au chantage de la honte et à réinvestir le potentiel régénérateur de la fierté du Peuple dans un champ autre que celui de l'État et de son corollaire, le processus électif qui porte au pouvoir, nous permettrait peut-être de les trouver enfin dignes de les y faire accéder et éventuellement de les y maintenir. En attendant, les politiciens souverainistes seront toujours suspects d'opportunisme et, pour leur faire payer le prix de l'expiation de ce vilain péché, nous n'aurons d'autre moyen que de les élire seulement lorsqu'ils seront assurés de croupir dans l'opposition, comme le Bloc québécois à Ottawa, ou, que de les élire et de les accuser ensuite de mauvaise gestion gouvernementale et de partisanerie politicienne lorsqu'il est question de l'avenir politique d'un Peuple.
Dans cet héritage que nous ont laissé René Lévesque, Jacques Parizeau et bien d'autres ne faudrait-il pas faire la part des choses entre leur potentiel et leurs limites, entre leur courage et leurs peurs, entre leurs grandes audaces et leurs petites lâchetés. Ne faut-il pas oser bouger ?
Le Peuple du Québec est et se sait souverain, même conquis, même indifférent dans un Canada confortable. Cette souveraineté du Peuple du Québec, sans conséquences, celles inhérentes à la création ou la sécession de États, il est prêt à la proclamer. Il ne reste qu'à lui poser la question. Réponse faite, il aura, même en disant NON à l'État souverain, la fierté d'avoir pulvérisé le statu quo canadien et mis en son dernier retranchement un Canada têtu et boqué.
Suite...
|
|