Date :
9-Feb-1999 18:13
Auteur : Annie
Adresse électronique : Kriptonia@hotmail.com
1999.02.08
Bonjour,
C'est la première fois que je consulte votre site magnifique mais il y a longtemps que j'en cherchais un comme celui-ci! Ce que vous faites est magnifique! J'adore. Je n'ai pas eu le temps de faire le tour de vos nombreuses oeuvres mais je le ferai sous peu, promis!
J'y pense! J'ai un exposé oral à faire dans le cadre de mon cours de français "communication et culture" au CEGEP et si vous me le permettez, j'aimerais bien parler de vous.
Je trouve ça vraiment génial de pouvoir discuter comme ça avec un artiste (un vrai!) Je suis étudiante en graphisme et peintre à mes heures: je passe une entrevue bientôt pour exposer dans un bistro français à Montréal. Je suis un peu nerveuse.
La confiance en soi, c'est ce que je trouve le plus difficile à acquérir... J'ai dis peintre plus haut mais c'est plus au moins vrai parce que ces derniers temps, je suis plus dans le pastel ou alors dans le mélange des deux!
J'aime beaucoup les couleurs que vous utilisez et les titres des oeuvres sont sublimes. D'ou vient votre fascination pour la mythologie grecque (J'ai constaté plusieurs références à Orphé et Eurydice)? Je m'y interesse aussi mais mes études prennent beaucoup de temps si bien que je ne peux lire et créer à mon goût.
C'est parfois difficile d'étudier dans le domaine des arts (surtout graphiques) puisque j'ai parfois l'impression de perdre mon, un, passe-temps que j'adore (le mot passe-temps doit être pris dans le sens d'un besoin vital ici, non d'une façon comme une autre de tuer le temps!) Quand on crée pour un contrat, il faut s'imprégner de la personnalité du client et s'oublier un peu. Quand on peint, on est nous et c'est ce qui est si merveilleux.
Enfin, il se fait tard mais je vous félicite et admire votre travail. C'EST MAGNIFIQUE! BRAVO et je reviendrai sur votre site bientôt.
Kriptonia!
Date :
9-Feb-1999 20:38
Auteur : Luc Archambault
Orphée et Eurydice
1999.02.09
Bonjour Annie,
Comme vous pouvez le constater, j'ai pris la liberté de classer ailleurs, c'est-à-dire ici, votre message. La liberté aussi de créer dans votre texte des paragraphes. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.
Merci pour les compliments et suis heureux que mon travail, de peintre et d'internaute, vous plaise. Même si je trouve, à force de fréquenter l'Internet, que ce site est fort incomplet et plein de défauts.
Pour ce qui est de votre travail au cégep, vous n'avez pas de permission à demander pour parler de moi mais puisque vous la demandez, je vous l'accorde avec plaisir en espérant que vous m'en transmettrez copie et que vous inviterez vos gens à visiter mon site et à réagir dans le Forum comme vous l'avez si bien fait et vous en remercie.
Ma connaissance de la mythologie grecque me vient d'abord de la musique et ensuite, probablement fascinée par elle, la musique, celle qu'écoutait et me racontait mon père du plus loin qu'il m'en souvienne, celle de Gluck dans son opéra « Orphée et Eurydice » et chantée si merveilleusement par Pierrette Alarie et Léopold Simoneau, nos illustres compatriotes, ce qui m'est par la suite tombé sous la main m'a intéressé.
Mes cours de civilisation et d'histoire égyptienne, mésopotamienne et grecque quand j'étais, à onze ans, élève de sixième ( équivalent de la première année de secondaire ici ) au Lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg, puis ceux du cours classique au Petit séminaire de Québec, puis le film de Cocteau et encore, la mythologie grecque, passant à travers le filtre de Diaghilev et Stravinski des « Ballets russes », transmise à Nijinski et dansée par lui dans « L'Après midi d'un faune ». Toutes ces petites choses de la vie qui passent à travers nous et qu'on retient ou pas.
Et, ce que je retiens encore, c'est la voix de Simoneau, les accents mélodieux de son désespoir amoureux. Son destin, réglé comme du papier à musique et tout à la fois plein de rebondissements. La douce et acharnée complainte d'Orphée, la force et le dénuement affrontant la fureur des dieux sourds à sa voix. L'impasse du trouble de la vie contrainte par les injonctions insensées des dieux. Le paradigme de l'incommunicabilité de ses expériences et autres sentiments. L'extase de la contemplation. Les frissons sur sa peau.
Ce que je retiens ce sont les frissons sur la peau. La chair de poule. Il n'y a que ça de vrai.
Ça me fait penser à ces ethnologues qui, dans un fin fond village de brousse, filmait les habitants du village et, le soir venu, projetaient sur écran les images. Ils demandaient ensuite aux habitants leurs commentaires et ce qu'ils y avaient vu. Leur réponse : une poule. Mais ils n'avaient pas filmé de poule seulement des gens. En se reprojettant le film, afin de comprendre, ils avaient fini par trouver, au hasard d'une petite séquence, tout au fond en arrière plan, invisible, une poule traverser l'écran en courant.
C'est quoi le rapport ? Tout est culturel ! Même le fait, la capacité de voir un film. Les non-initiés ne seraient pas aptes à capter les images fixes. Seule la poule, qui, elle, était en mouvement, pouvait être appréhendée par des gens qui appréhendent la vie comme elle est, en trois dimensions et en mouvement. Le reste nécessite une formation, une déformation de sa façon d'appréhender le réel.
Contrairement aux modes esthétiques et culturelles le mythe c'est comme une poule, ça traverse l'écran culturel contemporain et ça ne regarde jamais la caméra. On peut le prendre, se l'accaparer un instant mais ça passe. À moins qu'on ne décide de faire un festin et de l'égorger.
Notre contemporanéité à nous pensait faire évoluer l'humanité en tuant les mythes. Il faut plutôt tuer la prétention de la contemporanéité, dissoudre le complexe de supériorité de la contemporanéité et faire évoluer les mythes pour que l'humanité survive à l'humanité. En somme, avoir sur soi la chair de poule et non dans son assiette, devenir végétarien et cesser de tuer les poules après les avoir filmées. Ou l'inverse.
Créer est un mythe contemporain qui ne survivra pas. La confiance en soi s'obtient dans la dissolution du soi. On ne peut que faire que soi. Accepter de n'être que ça. Créer ne survient que lorsqu'on accepte d'être traversé par ce dont on est fait. Et, l'on est fait de ce qu'on a retenu de tout ce que l'on a vu, entendu, senti, pris, jeté. On ne peut rien y faire. Créer c'est simplement accepter de rendre visible ce contenu-là. Parce que ce contenu-là est invisible et indicible. On est tout à fait ignorant de ce qui nous habite. On ne sait foutre pas ce que l'on a retenu de ce qui nous a traversés. Parce que, non seulement le vécu de chaque humain est unique mais aussi, parce que chaque être vivant est unique.
Si on accepte d'accéder à ce contenu-là il y a peu de chance, en fait aucune, qu'il soit pareil à un autre. Inintéressant, peut-être. Pareil, non. « Tout a été dit, disait Picasso, mais pas par moi ! » La confiance en soi c'est accepter le trouble secret que provoque la vue du gouffre de l'unicité, cet abîme, cet enfer où rien ne peut se fondre où tous sont seuls. Comme devant la mort. Comme dans le royaume des morts où erre sans fin Eurydice. Créer c'est mourir à la fusion, c'est mourir tout court en tentant en vain d'assurer la pérennité de l'être et sa non assurée renaissance. C'est peut-être pour ça qu'on tue les poules. Un substitut de cette mort-là qu'on appréhende.
La création pure n'existe pas. Le créateur se sert de la commande comme détonateur. Les créateurs qu'on admire ont cependant réussi à transcender la commande : Michel-Ange, Bach, etc.
Pour moi aussi il se fait tard.
Pour finir donc, la confiance en soi consiste aussi à n'écouter personne et surtout pas moi.
Au plaisir
Date :
10-Feb-1999 00:02
Auteur : Annie
Adresse électronique : kriptonia@hotmail.com
Bonjour Luc!
Merci beaucoup de cette superbe réponse, riche en éléments sur lesquels je me promets de méditer sérieusement.
Créer c'est mourir en tentant d'assurer la pérénité de l'être. Quelle belle réponse, pour moi qui cherche d'où vient ce besoin vital que la création. Enfoncer ses pas dans la terre plus creux pour qu'il subsistent plus longtemps, laisser sa trace. Je ne sais quelle trace j'aimerais laisser et encore moins pourquoi je sens devoir en laisser une. Peut-être est-ce parce que nous sommes tous unique et que nous cherchons au delà du temps et des frontières à trouver quelqu'un qui comprendra.
Moi qui ai un travail de philo à remettre dans deux jours, dommage qu'il ne porte pas sur ce sujet!
Je trouve cela merveilleux d'apprendre les sources d'inspirations d'un artiste. Vous dites que vos connaissances mythologiques proviennent de la musique. Je n'y aurait jamais pensé! Mais après votre description d'Orphé et Eurydice de Gluck, je n'ai qu'une envie: trouver ce disque! Je me suis passionnée pour l'histoire égyptienne depuis l'école primaire. Puis, mes cours d'histoire de l'art au CEGEP m'ont incité à en savoir plus sur la mythologie grecque pour mieux comprendre certaines toiles.
Malheureusement je dois vous quitter car le devoir
m'appelle! Plusieurs croquis à peaufiner!
Merci encore pour cette belle lettre virtuelle, je reviendrai vous visiter sous peu. Entre temps, je vais travailler ma confiance en moi!!!!
à bientôt j'espère.
Annie
XXXX
PS. J'ai fait des paragraphes cette fois!!!
Date :
25-Aug-1999 22:49
Auteur : Annie Vidal
Adresse électronique : avidl@cam.org
Bonjour,
À vrai dire, je n'ai pas envie de parler et encore moins d'écrire après avoir visité votre site. Sans doute parce je suis très touchée.
Simplement merci.
Annie
Date :
16-Mar-2000 10:29
Auteur : Daniel
Adresse électronique : dan@debout.com
Bonjour, je suis très heureux d'avoir découvert ce site et de mieux connaître l'artiste dont les oeuvres embellissent celles de Fortune 1000. Beau design et beaucoup de matière; flicitations.
Date :
11-Aug-2000 21:35
Auteur : Lucie
Adresse électronique : lucie1@altavista.com
Bonsoir, on est vendredi le 11-08-2000, je suis arrivé sur ce site par pur hazard. En effet, j'étais entrain de faire quelques recherches dans le cadre de mon travail et le mot clé que j'avais inscrit "Centre de documentation" m'a amené sur votre site. Donc, au lieu de ressortir et de continuer mes recherches qui n'ont rien avoir avec l'Art, j'ai décidé de poursuivre la visite. Ce qui va surement m'occasionner certains retard dans ce que j'avais prévue de faire. Étant donné que j'ai passé beaucoup de temps ici, mais le détour en vaut 1000 fois la peine. Vous êtes maintenant dans ma liste "Favorites".
Date :
14-Aug-2000 18:29
Auteur : Luc Archambault
Tous les chemins mènent à Rome...
Merci d'avoir pris la peine de marquer le coup et merci pour les compliments
Date :
18-Aug-2000 15:25
Auteur : Henry
Bonjour Luc
Je suis bien content d'avoir découvert par hasard ton site. Depuis 1989, nous avons acheter 3 de tes oeuvres et de temps à autres, je visite les galeries d'art afin de voir tes plus récentes réalisations. Ma prochaine visite sera surement celle à Québec.
À bientot
Henry
Date :
18-Aug-2000 18:21
Auteur : Luc Archambault
Bonjour Henry,
La Galerie d'un jour des Façades de la gare, boulevard Charest Est à Québec est ouverte, en principe et généralent, une journée par semaine, le vendredi de 13h00 à 18h00. Souvent par ailleurs, je suis là et travaille à l'ordi. Ça dépend des circonstances. Pour visiter la galerie en d'autres temps on peut le faire sur rendez-vous en téléphonant au 418 523 23 16 ou au 418 831 91 47
Merci pour la visite et d'avoir pris le temps et la peine d'en faire état.
Date :
3-Dec-2000 11:51
Auteur : Louise Boies
Adresse électronique : roncarre
Informations obtenues d'André Légaré
Date :
11-Dec-2000 13:33
Auteur : Luc Archambault
Merci de vous signaler lors de votre visite de ce site.
En passant votre adresse courriel n'est pas bonne.
Luc A.
Date :
5-Jan-2001 13:45
Auteur : Anne Marie
Adresse électronique : cantinam@cscdgr.on.ca
Bonjour Luc,
Je voulais simplement t'écrire quelque mots pour te dire que j'admire beaucoup tes oeuvres... Je ne suis pas artiste mes je sais reconnaitre des belles pieces d'art!!!! :) Je te souhaite la meilleure des chances!!! Félicitation!!
Ann...
Date :
18-Jan-2001 12:49
Auteur : Luc Archambault
Bonjour,
Merci de prendre la peine de l'écrire. Vous semblez habiter l'Ontario, vous pourriez me transmettre vos coordonnées postales en vous inscrivant dans le site ou en me les transmettant par courriel. Cela pour vous inviter si je fais quelque expo ou événement en Ontario.
Merci
Luc A.
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