Date :
9-Mar-2002 13:06
Auteur : Viviane Saint-Yves
Adresse électronique : vstyves@cegep-ste-foy.qc.ca
Bonjour M. Archambault,
Je visite votre site pour la première fois; le mot éblouissant est à mon avis celui qui convient le mieux pour le commenter! Je suis loin d'en avoir fait le tour (c'est qu'il y en a des choses à voir!), mais l'impression qu'il me laisse est qu'il ressemble à vos oeuvres: riche, chaleureux et invitant. Je sais, ça peut paraître cliché, mais je le pense tout de même.
Je dois vous avouez que je ne vous écris pas sans quelque intention... J'enseigne au Cégep de Ste-Foy et cette session-ci, je donne un cours sur l'art québécois moderne et contemporain. J'aimerais aborder la (ou les!) question du marché de l'art avec mes étudiants et les sortir un peu. J'ai souvent entendu parler de votre "stratégie de mise en marché" (si vous me passez l'expression)très particulière, sans toutefois en connaître les détails. Je vais déjà pouvoir remédier à la situation en lisant les nombreux textes disponibles sur votre site.
Pour la sortie, une visite à votre galerie serait des plus intéressantes!J'avais d'abord pensé à vous inviter au cégep à titre de conférencier pour discuter du marché de l'art, mais ce genre de rencontre demeure assez académique et partant, lacunaire. Vous voir, sans voir vos oeuvres...
Je n'ai pas vu de section annonçant les événements à venir (peut-être ai-je mal regardé, vous me pardonnerez). Je voudrais vérifier si votre emploi du temps permettrait d'organiser une visite à la Galerie d'un jour ou encore d'assister à une performance si par chance un tel événement était prévu au cours du mois d'avril.
J'ai l'air de tourner autour du pot, mais j'aimerais vraiment beaucoup vous rencontrer avec mes étudiants (ils sont une vingtaine, finissants en arts plastiques) pour pouvoir parler de votre travail et de ce que c'est que d'être artiste de nos jours, tout en restant optimiste. Votre audace vous a, selon l'avis de certains, inscrit comme un marginal du marché, mais il me semble que votre démarche peut devenir un modèle pour la génération montante.
Enfin, sentez-vous bien à l'aise d'accepter ou de refuser ma proposition. Si toutefois vous étiez intéressé, soyez assuré que vous aurez un auditoire attentif et curieux.
Merci de l'attention que vous porterez à ma demande,
Viviane Saint-Yves
Date :
11-Mar-2002 19:37
Auteur : Luc Archambault
Merci pour les compliments.
Pour ce qui est des textes concernant le « marché de l'art » dans ce site, il y en a aussi plusieurs dans ce Forum.
Pour ce qui est de la rencontre avec vos élèves, je verrais d'un bon oeil une visite à la Galerie d'un jour et une conférence au Cégep. Pour bien faire une rétribution à cet égard devrait être considérée, il faut bien vivre...
Pour ce qui est de demeurer optimiste... C'est autre chose... Je suis partisan tel, je ne sais plus qui, Giraudeau, ou je ne sais plus quel auteur français, qu'il faut décourager la carrière artistique. Dans le cas des velléitaires, le découragement opère son oeuvre et dans le cas des vrais artistes, le découragement ne fait que conforter leur penchant tout en les prévenant de la dureté de cette vie qu'ils veulent néanmoins embrasser.
Il n'y aurait qu'un cas où l'encouragement est moralement acceptable, celui où l'encourageur est en mesure d'assurer, pour toute la durée de la vie de l'encouragé, le pain et le beurre de l'aspirant, son indépendance de fortune, quelle que soit la valeur de son oeuvre.
Je crois qu'il est malsain, irresponsable, d'encourager une jeune personne à se lancer dans la carrière d'artiste en arts visuels, au Québec, alors que le seul débouché viable, outre la rue du Trésor, est l'enseignement, et encore, c'est la cohue. Et ce, pour toutes sorte de raisons qu'il serait trop long d'énumérer ici.
Mais ça, de le leur dire ne sert pas vraiment à grand chose car elles ne me croiront pas ces jeunes personnes. Elles penseront que je n'ai pas su m'y prendre, que les temps ont changés, que je n'avais pas ce qu'il faut, qu'elles sauront mieux faire. Comme je l'ai pensé de mes devanciers. C'est tant pis pour moi et ce sera de même pour elles. À moins qu'elles aient raison, elles.
Si cela vous intéresse encore d'en savoir davantage sur mon « expertise », contactez-moi.
Au plaisir et merci encore pour votre aimable message.
Luc A.
Date :
1-Apr-2002 17:08
Auteur : Viviane Saint-Yves
Adresse électronique : vstyves@cegep-ste-foy.qc.ca
Bonjour M. Archambault,
À la suite de notre dernier échange, j'ai pris quelques renseignements auprès du service des activités socio-culturelles du cégep. La rétribution accordée aux conférenciers est bien maigre, un malheureux $50. Mes étudiants, enthousiastes comme ils sont, ont proposé de "passer le chapeau" pour engraisser ne serait-ce qu'un peu cette modeste somme. L'offre pourra ainsi s'élever à une vingtaine, voire une trentaine de dollars de plus ?!
Je sais que c'est peu, qu'un professionnel devrait se voir offrir une rétribution digne de ce nom, mais je ne dispose pas d'autres ressources au cégep pour le financement d'une telle activité (et je viens de comprendre pourquoi les conférences se font si rares!).
Les étudiants, animés de leur enthousiasme, ont adopté un air très entendu lorsque j'ai évoqué le contenu de votre message. Ils ne sont pas naïfs, au contraire! Ils aiment le monde des arts, mais savent à quel point il est difficile de s'y tailler une place. Quant à la scène internationale ... Vous évoquiez le combat de Riopelle, soldé d'un échec cuisant, dans Le Soleil, une dizaine de jour après son décès. Ils sont tous très conscients de cette situation, au point que seule une minorité compte poursuivre dans cette voie, malgré tout. Cependant, ils ont manifesté beaucoup de curiosité à l'idée de vous rencontrer. Votre expérience, votre point de vue sur la situation et les solutions que vous avez développées pour arriver à vivre autrement que de l'art subventionné présentent un intérêt beaucoup plus grand pour eux que tout ce qu'un prof pourrait jamais leur dire! (Je me contente ici de rapporter leurs propos!).
Comme il ne reste qu'un mois à la session, nous ne pourrons organiser deux activités pendant la période du cours (le mercredi, de 14h à 17h). J'ai pensé que je pourrais organiser une visite facultative de la galerie un jeudi ou un vendredi.
Je vous invite donc à une rencontre avec mes étudiants, un mercredi après-midi d'avril, entre 14 et 17h, à l'heure qui vous conviendra le mieux, si bien sûr, l'idée vous intéresse toujours malgré les conditions offertes. Le délai est un peu court, je sais, et c'est pourquoi je prie d'être très à l'aise d'accepter ou de refuser.
Au plaisir,
Viviane Saint-Yves
Date :
4-Apr-2002 15:40
Auteur : Luc Archambault
Bonjour,
Nous pourrions à l'avenir correspondre par courriel.
Comment refuser votre offre ? Je m'en sens incapable mais dénonce le fait que le ministère de l'éducation
nationale vous trouve si démunis et nationalise sans frais l'expertise des praticiens dont il profite néanmoins en
l'occurrence.
J'accepte à la condition de recevoir de chacun(e) de vos étudiant(e)s au plus tard dix jours après l'événement, un
texte corrigé d'au moins une page 8 1/2 x 11 po. dactylographiée sans interligne, écrite en Times 11 points, et transmis par courriel. Un texte faisant état de leur rencontre avec moi ainsi que de leur visite de la galerie, s'il y a lieu, et ce, sous forme de compte rendu, de procès verbal, de journal, de monographie, de critique d'art,
d'entrevue, de questionnement, de nouvelle, de commentaire ou de... Des documents qui seront signés par eux et
archivés dans le « Forum » de mon site Internet au titre pertinent. C'est donnant donnant.
Je propose le mercredi 17 avril de 14h00 à 15h30, à confirmer suite à votre confirmation. Vous me transmettrez vos coordonnées et celles du lieu de la rencontre. Soit dit en passant la Galerie d'un jour déménage ou ferme ses
portes le 30 avril, comme vous pourrez le constater ici-bas.
Au plaisir, Luc A.
___________________________________
Québec, 2002 03 29
C'est officiel, la Galerie d'un jour doit quitter ses locaux des Façades de la Gare, coin Charest / Jean-Lesage,
dans 30 jours soit au plus tard le mardi 30 avril 2002.
C'est avec regret que la Corporation Immobilière Magil Laurentienne doit mettre fin à notre « Convention
d'occupation » intervenue le 31 janvier 1995. Merci à la Corporation Immobilière Magil Laurentienne pour
avoir hébergé la Galerie d'un jour pendant plus de sept ans, si mes calculs sont bons...
Appel à tous
Luc Archambault est donc à la recherche d'un espace galerie pour présenter et entreposer ses oeuvres peintes,
sculptées et céramiques. Un espace de 200m2 et plus, prêté par un généreux propriétaire immobilier
pour délai minimal de 2 ans.
Merci de votre attention.
Luc A.
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